Pourquoi le plaisir n’est pas le même pour elle et pour lui ?

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Aujourd’hui, on s’attaque à un sujet aussi intime qu’universel : ce qu’il se passe vraiment sous la couette. Et non, je ne vais pas vous faire un cours sur les positions du Kâma-Sûtra (même si l’idée est tentante !). Je veux qu’on parle de ces différences, parfois de ces gouffres, entre hommes et femmes qui transforment un moment de plaisir partagé en un véritable casse-tête.

Après des années à échanger avec vous, j’ai compris une chose : la sexualité est un pilier de notre épanouissement, mais c’est aussi un terrain miné de malentendus. On va parler d’orgasme qui joue à cache-cache, de simulation, de désir en dents de scie et de l’ombre parfois écrasante de la pornographie.

Alors, posons-nous, et décryptons ensemble, avec franchise et bienveillance, ce qui se trame dans nos lits et dans nos têtes.

Le fameux « Orgasmic Gap » : Non, tu n’es pas seule !

Commençons par le sujet qui fâche : l’orgasme. Les chiffres et les études le confirment : il existe un véritable « fossé orgasmique ». En clair, dans le cadre d’un rapport hétérosexuel, les hommes atteignent l’orgasme bien plus systématiquement que leurs partenaires féminines.

Mais pourquoi ce décalage ?

  • Une anatomie mal comprise : Le point G, c’est super, mais le grand patron du plaisir féminin, c’est le clitoris. Cet organe entièrement dédié au plaisir compte des milliers de terminaisons nerveuses. Le problème ? La pénétration seule ne le stimule souvent que très peu. Pour la majorité d’entre nous, une stimulation clitoridienne directe est la clé du septième ciel.
  • Un héritage culturel pesant : Pendant des siècles, le plaisir masculin, visible par l’éjaculation, a été considéré comme l’objectif principal du rapport sexuel. Le plaisir féminin, lui, était au mieux « la cerise sur le gâteau ». Heureusement, les mentalités évoluent, mais ces schémas ont la vie dure.

« Chéri, c’était génial ! » : Pourquoi on en a marre de simuler

Qui n’a jamais été tentée d’accélérer un peu la conclusion ? La simulation de l’orgasme est un phénomène incroyablement répandu. Les raisons sont multiples : protéger l’égo de notre partenaire, vouloir en finir plus vite, ou simplement céder à la pression de la performance. Une femme sur trois admettrait avoir déjà menti à son partenaire sur le plaisir ressenti.

Mais la bonne nouvelle, c’est que le vent tourne. Une étude Ifop de début 2024 montre que les femmes « se forcent » beaucoup moins qu’avant à avoir un rapport sexuel. L’idée archaïque du « devoir conjugal » perd enfin du terrain. Grâce à une meilleure conscience de la notion de consentement, nous nous affirmons davantage et osons dire « non » quand l’envie n’est pas là. Simuler est un mensonge qui n’aide personne : il envoie un faux message à votre partenaire et vous enferme dans la frustration.

Moins de sexe, mais plus de plaisir ? Le paradoxe français

Parlons désir. Il est souvent différent chez l’homme et la femme. On parle de désir spontané, qui peut surgir de nulle part, et de désir réactif, qui naît en réponse à un contexte, à des stimulations. Le stress, la charge mentale, la fatigue… tout cela peut mettre notre libido en veille, et c’est normal !

Les chiffres confirment d’ailleurs une « récession sexuelle » : les Français font globalement moins l’amour. En 2024, seuls 76% des Français ont eu un rapport sexuel dans l’année, contre 91% en 2006. La cause ? Une dissociation entre le couple et la sexualité, mais aussi la concurrence féroce des écrans ! La moitié des jeunes en couple avoue avoir déjà évité un rapport pour regarder une série.

Pourtant, et c’est là que ça devient intéressant, les pratiques se diversifient. La grande enquête « Contexte de la Sexualité en France » (CSF 2023) le montre bien :

  • La masturbation n’est plus taboue : Surtout chez les femmes ! On explore notre propre corps, on apprend à se connaître et on prend en main notre plaisir. C’est une véritable révolution intime.
  • Les pratiques s’élargissent : Le sexe oral et d’autres pratiques sont de plus en plus courants, notamment chez les femmes, signe d’une plus grande libération et d’une recherche de plaisir partagé au-delà de la seule pénétration.

L’ombre de la pornographie : entre fantasme et pression

Impossible de parler de sexe aujourd’hui sans aborder l’impact de la pornographie. Omniprésente, elle peut créer une pression énorme et formater une image du « bon sexe » totalement déconnectée de la réalité. Avec ses scénarios irréalistes, son culte de la performance et son manque de connexion émotionnelle, elle peut déformer nos attentes et générer de l’anxiété.

Ma boîte à outils pour accorder nos violons

Le constat est posé, mais rien n’est une fatalité ! Voici mes conseils pour retrouver le chemin d’une sexualité plus juste et épanouissante.

  1. Le Graal : la Communication. Parlez-vous ! Mais pas à 2h du matin dans le noir, après un rapport décevant. Choisissez un moment calme, sans pression. Utilisez le « je » pour exprimer vos ressentis : « J’adore quand tu… », « Je me sens excitée lorsque… » est infiniment plus constructif que « Tu ne fais jamais… ».
  2. L’exploration, en solo d’abord. Votre meilleure alliée, c’est vous-même. La masturbation est essentielle pour découvrir votre propre carte du plaisir. Une fois que vous savez ce qui vous fait vibrer, vous pouvez guider votre partenaire. Et je dis bien « guider » : prenez sa main, montrez-lui les gestes, le rythme, la pression que vous aimez.
  3. La déculpabilisation, c’est la clé. Non, vous n’êtes pas « cassée » si vous n’avez pas d’orgasme à chaque rapport. La sexualité n’est pas un examen avec une note à la fin. D’ailleurs, malgré la baisse de la fréquence des rapports, la satisfaction sexuelle, elle, a légèrement augmenté. La preuve que la qualité prime sur la quantité !
  4. Élargissez votre définition du sexe. Un rapport sexuel, ce n’est pas juste un parcours fléché « pénétration-éjaculation ». Ce sont les caresses, les baisers langoureux, le sexe oral, l’utilisation de sextoys, les massages… Tout ce qui crée de l’intimité, de la complicité et du plaisir EST un rapport sexuel réussi.

Le chemin vers une sexualité épanouie et égalitaire est un marathon, pas un sprint. Mais le jeu en vaut la chandelle, pour une connexion plus profonde et un plaisir décuplé.

Et vous, est-ce que ces situations vous parlent ? Venez partager votre expérience en commentaire, sans jugement, comme toujours !


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